Je suis un traducteur homme-machine qui aime voyager. J'écrit ici ce qu'il me passe par la tête. J'ai gardé le même nom de domaine parce que merde.

Mustafa Kemal Atatürk

Né Mustafa en 1881, son professeur de mathématique lui rajoutera éventuellement le nom de Kemal ("perfection"), afin de souligner son talent particulier en la matière. Plus tard dans sa vie, il recevra comme nom de famille Atatürk ("père des turques") de la part de la populace. Et c'est ainsi qu'on le retrouve sous forme de statues, de photos, d'effigies et de banderoles partout dans le pays.

L'Histoire prend note de son existence au début de la première guerre mondiale. L'empire Ottoman se range du côté des empires centraux et Mustafa, en tant qu'officier militaire, va se démarquer sur le front européen, syrien et caucasien. En octobre 1918 l'armistice est signé et la capitale Istanbul est occupée. Le régime ottoman est dans une position misérable et va signer le traité de Sèvre en 1920. Ce traité prévoit la répartition d'ancien territoire ottoman au moyen-orient, mais aussi en Turquie ([voir les revendications grècques] (http://en.wikipedia.org/wiki/Partitioning_of_the_Ottoman_Empire#Greece)).

Ces régions (le petit coin d'Europe que la Turquie possède présentement et l'ouest de l'Anatolie) sont considérées comme faisant partie intégrale du territoire turque et ne peuvent donc pas être répartie entre les puissances occidentales, comme il sera fait avec la Syrie ou la Palestine. Un second gouvernement, propulsé par le mouvement nationaliste, sera donc établie afin de défendre la mère patrie. Mustafa y joue un rôle important, ainsi que d'autres officiers dégoûtés par le comportement du Sultan (mécontentement présent dans les hautes sphères du pouvoir depuis bien avant la première guerre mondiale) .

S'ensuit une guerre avec les grecs et italiens à l'ouest, français au sud et arménien à l'est. Les turques reçoivent une aide monétaire importante de leur ancien ennemi les russes, ce qui va grandement aider à stabiliser une situation fort précaire. Éventuellement les turcs vainquent les envahisseurs et forcent les puissances occidentale à signer un traité qui va cimenter les frontières actuelle de la Turquie.

Ce n'est cependant que le début pour Mustafa et sa bande de joyeux compagnons. Le pays est dans un piteux état après la guerre. L'heure est aux réformes. Ce sera facilité par la situation politique de la jeune république : il n'existe qu'un seul parti. C'est que les positions soutenues par Mustafa et les décisions politiques prisent par son gouvernement sont loin de faire l'unanimité. Une opposition au parlement aurait tôt fait de gagner une majorité et ainsi défaire le travail effectué jusqu'à présent. Du moins c'est l'explication généralement fournie.

Donc, ces réformes vont toucher toutes les sphères de la société. La laïcité est adoptée, un système d'éducation publique est instauré, le script arabe est remplacé par l'alphabet latin. Mustafa et sa clique se présentent en public en costume et complet occidentaux, abolissant le port du fez et du turban, argumentant que le chapeau est le symbole d'une société civilisée. Graduellement un code vestimentaire est imposé pour les employés de l'état, bannissant éventuellement le port du voile. L'égalité homme-femme est supporté par un nouveau code civil : les femmes peuvent se divorcer ainsi que laisser un héritage.

Finalement, Atatürk meurt en 1938. Plusieurs de ses réformes restent incomplètes mais surtout controversées. Dans les décennies suivantes le pouvoir oscille entre un parti populaire et conservateur, et l'élite de l'armée, républicaine quoique forte encline à utiliser le coup d'état.

Quel est donc le constat? Héro de la guerre civile, pourfendeur des empires occidentaux et créateur d'un état moderne? Ou mégalomane sanguinaire responsable de plusieurs massacres envers les kurdes et arméniens (post-génocide)?